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Faire de son imposteur un allié, c’est possible

Dans un monde professionnel en mouvement constant, où les transitions, les promotions et les projets entrepreneuriaux se multiplient, une petite voix intérieure se manifeste souvent : celle de l’imposteur. Elle surgit au moment où l’on s’apprête à prendre la parole, à lancer un projet ou à accepter une nouvelle responsabilité. Elle murmure que l’on n’est peut‑être pas assez compétent·e, pas assez légitime, pas assez prêt·e.

Si cette voix vous est familière, vous êtes loin d’être seul·e. Près de 70 % des personnes vivront le syndrome de l’imposteur au cours de leur vie professionnelle. Et pourtant, ce phénomène n’est pas un signe de faiblesse. Il peut même devenir un formidable levier de croissance lorsqu’on apprend à le comprendre.

Le syndrome de l’imposteur se manifeste lorsque l’on doute de ses compétences malgré des preuves tangibles de réussite. On attribue ses succès à la chance, au contexte, aux autres… tout sauf à soi.

Il apparaît souvent dans les moments où l’on sort de sa zone de confort : une prise de poste, un changement de carrière, un projet entrepreneurial, un environnement compétitif ou incertain. Il touche des personnes de tous horizons, quel que soit leur parcours, bien que plus fréquent chez les femmes et les personnes issues de groupes minorisés.

Pour mieux comprendre ce phénomène, plusieurs outils existent, dont l’un des plus utilisés : l’échelle de Clance (Clance Impostor Phenomenon Scale). Elle évalue l’intensité du syndrome à travers 20 affirmations qui permettent de mieux cerner comment l’imposteur se manifeste dans votre quotidien.

L’imposteur se glisse dans nos pensées, nos émotions et nos comportements.
Parfois, il pousse à travailler plus que nécessaire, à sur‑préparer, à éviter les feedbacks ou à se comparer constamment aux autres.

Il peut faire naître un doute persistant, une impression de ne jamais être assez préparé·e ou la peur d’être jugé·e. Il peut aussi entraîner une anxiété disproportionnée avant une présentation, une difficulté à recevoir un compliment ou une tendance à repousser un projet tant qu’il n’est pas « parfait ».

Ces réactions ne sont pas des défauts : elles sont souvent des stratégies de protection mises en place pour éviter l’échec ou le jugement.

Ce que l’on oublie souvent, c’est que le syndrome de l’imposteur n’apparaît pas chez les personnes désengagées ou indifférentes.
Il se manifeste chez celles et ceux qui se soucient de bien faire, qui ont un sens élevé de la responsabilité, qui visent l’excellence, qui apprennent vite, qui se remettent en question et qui souhaitent contribuer de manière authentique.

Derrière cette voix exigeante se cachent souvent de la rigueur, de l’humilité, une grande sensibilité sociale, une capacité à anticiper les risques et une créativité stimulée par l’incertitude.

Autrement dit : si vous ressentez l’imposteur, c’est souvent parce que vous êtes engagé·e, compétent·e… et profondément humain·e.

Faire de son imposteur un allié ne signifie pas le faire taire, mais plutôt apprendre à comprendre ce qu’il cherche à signaler. En identifiant ce qui l’active, les croyances qui le nourrissent et les forces qu’il tente parfois maladroitement de protéger, ce mécanisme peut devenir un véritable moteur de croissance.


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