Il est loin le temps d’une carrière on l’on visait une promotion dans la même entreprise, avec une courbe ascendante et sans trop de soubresauts. Les évolutions en dents de scie, les nouveaux formats de carrière, le polytravail et les changements professionnels significatifs sont la nouvelle réalité à apprivoiser.
Chaque parcours est unique et à sa couleur, alimenté par des moments forts ou plus difficiles, des changements désirés ou non, un peu comme à l’image d’un électrocardiogramme carrière.
Des transitions de plus en plus fréquentes
Aujourd’hui, il est estimé qu’une personne peut effectuer entre 3 et 7 transitions de carrière au cours de sa vie professionnelle. Cette fréquence a augmenté au fil des décennies, en raison de divers facteurs tels que l’évolution rapide des technologies, les transformations économiques, et l’évolution des attentes des travailleurs.
Certains experts prévoient que les générations futures pourraient effectuer encore plus de transitions de carrière, avec des estimations allant jusqu’à 12 changements au cours d’une vie professionnelle. Le concept d’une « carrière linéaire » devient obsolète et les travailleurs sont amenés à s’adapter à de nouveaux environnements et à apprendre constamment de nouvelles compétences.
Au Canada, les changements professionnels ont d’ailleurs connu une augmentation significative, notamment après la pandémie. En 2021, environ 38 % des Canadien.e.s déclaraient avoir réévalué leur carrière ou envisagé un changement professionnel.
Les 10 principales raisons qui poussent à changer
Les changements professionnels s’expliquent par différents facteurs qui peuvent se combiner et amener des réflexions poussant à des transitions de carrière.
- Insatisfaction au travail : Un sentiment d’insatisfaction lié à un manque de reconnaissance, d’un manque de sens ou d’un désalignement avec les valeurs de l’entreprise
- Manque de perspectives d’évolution : L’absence de possibilités de développement professionnel ou de promotions
- Épuisement professionnel (burnout) : Le stress prolongé, une charge de travail excessive ou un manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée
- Changement de valeurs ou de priorités : Avec le temps, les priorités personnelles peuvent changer (ex. : accorder plus d’importance à la vie de famille ou à des projets personnels)
- Environnement de travail toxique : Des relations difficiles avec des collègues ou la direction, un climat de travail malsain ou des conflits internes
- Manque de défi ou ennui : Un travail monotone ou qui ne permet pas d’apprendre de nouvelles compétences, car certaines personnes ont besoin d’être constamment stimulées
- Changement dans le secteur ou l’entreprise : Les évolutions technologiques, économiques ou au sein de l’entreprise transforment les besoins et les postes, créant un décalage entre les compétences de l’individu et les attentes de l’employeur
- Événements personnels majeurs : Un divorce, une maladie, ou d’autres événements de vie importants peuvent déclencher une réflexion profonde sur la carrière et l’orientation
- Sentiment d’inefficacité ou de stagnation : sentiment de ne pas exploiter pleinement leur potentiel, de ne pas être sur son X
- Désir d’accomplissement personnel : Prioriser la réalisation d’un projet personnel (création d’entreprise, mission humanitaire, etc.) ou trouver une carrière plus alignée avec leurs passions
Est-ce que ça touche tout le monde?
Bien que les transitions de carrière soient uniques, les études montrent que certains groupes sont plus enclins à effectuer des transitions de carrière. Voici quelques tendances clés identifiées dans ces études :
1. Genre : Les femmes sont souvent plus susceptibles de changer de carrière que les hommes. Par exemple, une étude menée par LinkedIn en 2022 a révélé que les femmes étaient 20 % plus enclines à changer de secteur d’activité que les hommes. C’est souvent motivé par la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, ou pour échapper à un environnement de travail toxique.
2. Âge : Bien que la « crise de la quarantaine » soit souvent citée, les études montrent que les transitions de carrière se produisent à différents âges. Les jeunes adultes, notamment ceux âgés de 24 à 35 ans, sont particulièrement susceptibles de changer d’emploi, souvent pour progresser ou pour améliorer leur salaire. Ils changent d’emploi tous les trois ans en moyenne. Les milléniaux et la génération Z, en particulier, sont plus enclin.e.s à effectuer plusieurs transitions, souvent motivées par la quête de sens, l’amélioration de la qualité de vie et la flexibilité du travail.
3. Éducation : Les personnes ayant un niveau d’éducation supérieur sont plus enclines à changer de carrière. Cela s’explique en partie par leur plus grande facilité et ressources financières pour accéder à des programmes de formation qui facilitent la transition vers de nouveaux secteurs.
4. Ethnicité : les minorités rencontrent généralement davantage d’obstacles en raison de discriminations ou de limitations dans leurs réseaux professionnels. Cela peut les pousser à envisager des transitions vers des emplois plus flexibles ou même à se lancer dans l’entrepreneuriat pour contourner ces obstacles.
Finalement, les transitions de carrière deviennent de plus en plus fréquentes, diverses et uniques permettant aux travailleurs de s’adapter à un marché du travail en constante mutation, mais aussi de répondre à leurs motivations et attentes de plus diverses face au travail.
Sources :
Études de LinkedIn et Statistique Canada sur la mobilité professionnelle et analyses sur les transitions liées à l’éducation et à l’origine ethnique :
- Gender differences in early career job mobility and wage growth in Canada](https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/36-28-0001/2021001/article/00002-eng.htm)/
- Career Change Statistics By Age, Gender, Education and Reasons](https://www.enterpriseappstoday.com/stats/career-change-statistics.html)




